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08/06/2013

Serena Williams, 11 ans après !

tennis, WTA, Roland GarrosL'Américaine a remporté son 16e titre du Grand Chelem face à une Maria Sharapova qui a fait ce qu'elle a pu

 

PARIS Onze années. Il aura fallu onze ans à Serena Williams pour brandir à nouveau la Coupe Suzanne Lenglen. Une éternité. Et pourtant ! Pour Serena l'éternelle, rien ne semble impossible. A bientôt 32 ans, la tigresse est devenue la gagnante la plus âgée de l'histoire du tournoi depuis 1968. Un joli pied de nez aux"nymphettes" qui voulaient lui griller la politesse. En battant Maria Sharapova en 2 sets, Serena a également glané son 16e titre du Grand Chelem. Un chiffre pharaonique qui la rapproche inexorablement de Martina Navratilova et Chris Evert. Deux joueuses que l'on pensait intouchables. Pas pour Serena, qui défie à la fois le temps et les plus grandes légendes de son sport.

Tout au long de ce tournoi, elle a imposé sa puissance et sa rage de vaincre à ses adversaires. Un parcours quasi sans faute. En quarts de finale, elle se faisait peur face à Svetlana Kuznetsova et son jeu de terrienne. Peur ? Disons plutôt une légère frayeur. Car au match suivant, elle remettait les pendules à l'heure face à Sara Errani en 45 petites minutes. A 48h de la finale, on ne donnait pas cher de la peau de Maria Sharapova, qui avait connu un parcours plus difficile et n'avait plus vaincu Serena depuis... 2004 !

Un rouleau compresseur nommé Serena

C'est pourtant la n°2 mondiale qui prend le meilleur départ, avec un break sur le premier jeu de service de Serena. La Russe mène 2-0, obtient même 3 balles de 3-0 et le Chatrier se met à croire que non, la jolie Maria ne se laissera pas cueillir aussi facilement. Piquée dans son orgueil, Williams réplique durement en empochant les 4 jeux suivants. Une réponse "à la Serena", en force et au caractère. 

Mais cette détermination, une autre joueuse n'en manque pas sur le circuit: c'est Maria Sharapova. La dauphine de Serena à la WTA stoppe l'hémorragie et embarque son opposante dans des diagonales de coups droits où l'Américaine craque la première. Agressée, elle réagit cependant en championne. Malgré toute sa volonté, Masha ne peut contrer les boulets de canons tirés au service par Serena. Après 51 minutes de match, celle-ci conclut le premier set 6-4 en avançant, telle une conquérante.

Un peu plus dans la légende


Le début du 2e set est très accroché. Sharapova sauve 5 balles de break d'entrée avant de prendre son service. Le ton est donné, Serena ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle empoche les 3 jeux suivants. Les débats s'équilibrent et la Russe résiste bien. Elle aussi veut ce titre, elle qui avait prouvé en 2012 que son jeu basé sur la puissance pouvait lui réussir sur terre battue. Mais Maria affronte une joueuse plus forte, plus expérimentée, plus avide de victoires. Une jeune femme plus enflammée que jamais, qui désire réparer ce qui sonne comme une insulte à son talent: cette décennie sans victoire Porte d'Auteuil. Après 1h46 d'un âpre combat, sans doute le plus beau offert au public parisien depuis 2001, Serena Williams peut exulter. Elle vient de planter un 10e ace. Comme un signe, c'est avec sa meilleure arme (70% de premières balles, dont 83% au 2e set !) qu'elle s'offre un nouveau succès à Roland Garros. 

Elle-même ne semble pas croire à ce qu'elle vient d'accomplir. Incrédule mais victorieuse Serena... La jeune femme, tout juste sortie de l'adolescence qu'elle était en 2002 a laissé place à une championne épanouie, plus mature, plus relax, plus ouverte aux médias et au public. Une attitude qui lui réussit, en témoigne la domination qu'elle exerce sur le circuit depuis un an. Wimbledon , Jeux Olympiques, US Open, Masters, rien n'a résisté à l'Américaine au cours de cette année. Pas même la terre battue, surface un temps exécrée mais aujourd'hui adorée. 

Invaincue depuis février 2013, Serena poursuit sa moisson de succès avec un appétit de lionne. Vieille et sage lionne, peut-être. Mais plus vorace que jamais, sûrement ! Et certainement pas rassasiée. Car un autre tournoi chéri se profile déjà à l'horizon: Wimbledon. Vêtue d'anthracite ou de blanc, la reine incontestée du tennis féminin compte bien montrer que malgré le cap de la trentaine allègrement dépassé, son règne n'est pas près de s'achever.

Aurélie Herman

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